Atelier de rumination

à propos du safe, du quant-à-soi et de la contagion

dans le cadre de l’exposition -ectomie patriarcale II

Christine Aventin, Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, 17.05.22

Lorsque, dans un impératif de «safe space», les personnes opprimées se sont mises à pratiquer de manière intense – et bientôt exclusive – les non-mixités, il s’agissait d’une étape indispensable, mais provisoire. Il s’agissait de créer des milieux protégés afin de pouvoir, à l’abri des menaces et des violences, se soigner collectivement et affûter secrètement nos armes, en vue de la lutte à mener. Ne sommes-nous pas en train d’oublier que les non-mixités n’étaient pas une fin en soi (destinée à établir le confortable cocon du quant-à-soi), mais un moyen – qui visait à nous rendre capables, ensemble, d’occuper des zones de contact et de frictions avec le dehors en vue d’une contagion réciproque ?


Christine Aventin habite à la campagne mais tout son réseau est en ville. Elle vient d’un milieu plouc mais elle a fait l’unif. Elle est gouine mais elle fuit la jet-set queer.
Elle passe pour un cerveau mais elle est un corps. Elle ne croit pas au mérite mais c’est une bosseuse..Elle vit et travaille dans les interstices. Elle écrit des livres et fend son bois à la hache.
-FéminiSpunk – le monde est notre terrain de jeu, Zones, 2021 (essai)
Scalp, l’Arbre à Paroles, coll. iF, 2021 (poèmes)

Atelier en mixité choisie (en veillant donc à un équilibre entre meufs et mecs, personnes blanches et non-blanches, straights et queers + avec une attention toute particulière aux étudiant·e·s·x que rien ne destinait a priori à faire une école d’art et qui ne s’y sentent pas tout à fait «comme à la maison»